* Quand on parle de progression d'un joueur d'échecs, on se réfère bien évidemment à sa force échiquéenne.
La question est donc de savoir comment augmenter sa force aux échecs ?
Nous n'avons pas la prétention de créer une baguette magique qui ferait progresser chaque joueur, ni de vous réciter toute la théorie des échecs. Mais nous voulons vous partager notre expérience, afin d'emmener les joueurs à aimer de plus en plus le jeu, à devenir autodidactes pour pouvoir progresser selon son rythme. Certes, il est très difficile, à ceux qui ne peuvent pas consacrer des heures et des heures aux échecs, d'avoir plus qu’une connaissance fugitive de la théorie du jeu, mais quoi qu’il en soit, que vous accorder 8 h par jour, ou une heure par semaine, l'objectif est de progresser en y prenant plaisir.
* Nous avons vu que la progression d'un joueur se fait par étape. En fait, ces phases successives de progression constituent des armes, que le joueur emmagasine au fur et à mesure de son avancée.
En effet, ce sont les armes qui constituent la force d’un joueur d’échecs. Pour hisser son niveau de jeu, il faut donc affûter de jour en jour, ses armes. Pour cela, il faut donc se demander,
Quelles sont les armes qui constituent notre arsenal ?
a) Tout d'abord, il faut assimiler
LA CONNAISSANCE.
C'est la première arme qu'un joueur doit affûter. Pour espérer, bien jouer en compétition, il faut emmagasiner le maximum de théorie sur les domaines suivants (par ordre d’apparition dans une vraie partie) :
- Les ouvertures: le livre de Reuben Fine cité en ressources est à lire et à relire
- Les structures de pions: il est vital de connaître les plans à appliquer selon la structure de pions
- Les thèmes stratégiques: le livre de Jeremy Sylman, une référence à étudier
- Les stratagèmes tactiques: à connaître du bout des doigts
- Les sacrifices thématiques: toujours avoir présent dans l’esprit les possibilités de sacrifice
- Les finales: je vous recommande « Comment jouer les fins de parties » de Znosko-Borovsky
Nous avons vu, dans le blog, que la meilleure façon de progresser est d’analyser ses propres parties d’échecs, quel que soit le niveau de jeu. Le tout c’est de résumer par une simple phrase la partie qu’on a joué. Ce qui fait, qu’au fur et à mesure de nos analyses, chaque partie va se rapporter à une phrase. Et vous verrez qu’à force de jouer, les erreurs commises reviennent de moins en moins souvent. Et, en fonction de la phrase, il faut se rapporter à la théorie correspondante, afin d’éliminer la faiblesse.
Exemples :
Pour un débutant, ce pourrait être « j’ai laissé ma dame en prise », « je n’ai pas vu que mon cavalier n’était pas protégé », « moi roi s’est fait mater au centre », ainsi de suite…
Pour un amateur, ce pourrait être, « il est sorti de la théorie je ne savais plus quoi faire », « lorsque c’est une attaque de mat, je sais quoi faire, mais son roi était bien protégé, que je ne savais plus quoi faire ».
Pour un joueur de club, on devrait arriver à des phrases comme « la paire de fous a été redoutable », « la finale de tours étaient trop compliquée, il fallait mieux jouer une finale de fous de couleur opposée » ….
Ces phrases sont importantes, car elles feront en sorte que nous ne referons plus les mêmes erreurs, ou bien elles nous aideront à sortir de l’ignorance.
b) Ensuite, pour prévoir, il faut savoir juger. La deuxième arme est donc
LE JUGEMENT.
Le jugement s’acquiert à force de théorie et de pratique. Mais pour aiguiser son sens du jugement, un exercice est à recommander sans modération. Vous prenez un cahier, puis une partie qui a déjà été commentée. Vous recopiez la partie dans votre cahier et, vous la commentez sans regarder les commentaires déjà établis. Passer du temps sur l’analyse, comme si vous jouez réellement.
A la fin comparez les deux analyses, étudiez soigneusement les commentaires qui vous ont échappés.
Quelques mois après, revoyez vos premières analyses, refaite la même chose. Et, petit à petit, vous verrez que vous allez traiter une position dans tout son ensemble, que votre vision s’améliore, que l’échiquier ne fait plus qu’un, mais non pas des parcelles de terrains.
c) Enfin, la troisième arme est :
LA FORCE DE CALCUL.
Lorsque nous jouons une partie, à un moment donné, nous sommes forcés de calculer les possibilités tactiques. Nous ne pouvons pas le faire pendant toute la partie, car le cerveau se fatigue vite, donc il faut préserver sa force de calcul. Pour cela, la connaissance et le jugement vont nous permettre d’économiser notre puissance de calcul et, lorsque le temps de calculer arrive, notre cerveau est toujours en forme pour pousser un calcul systématique et aussi loin que possible. Ici, ce qui compte dans les exercices, c’est la régularité, par exemple, vous consacrez 15 à 30 mn par jour, pour résoudre des diagrammes.
Voilà, en ce qui concerne les points à améliorer, pour chaque joueur voulant progresser. Ce n’est pas simple, mais comme on a un plan de progression, on perdra moins de temps à lire n’importe quoi, ou à apprendre sans évolution significative.
Dorénavant, nous écrirons des articles développant, tout ce qui a été dit. On retrouvera ces articles dans les catégories correspondantes.