Le blog des echecs  ZONE JEUX  FORUM  BLOG  BOUTIQUE

dimanche 21 novembre 2004

Utiliser l'informatique

Les outils informatiques ont pris une grande importance dans l'apprentissage et la pratique des échecs. On peut les classer comme suit :
  • les moteurs,
  • les bases de données,
  • Internet.
Des standards sont même nés de cet effervescence : PGN, FEN, EPD, UCI… Nous y reviendrons. Je veux vous faire partager ma petite expérience dans ce domaine.


Commençons par les moteurs : les cerveaux des logiciels de jeu d'échecs. Ils sont capables de calculer des coups à partir d'une position et éventuellement d'autres paramètres. On en trouve beaucoup de gratuits dont le plus célèbre est Crafty.

Pour exploiter ces moteurs il faut une interface graphique capable de communiquer avec les moteurs grâce à un protocole tel que UCI (Universal Chess Interface) ou WinBoard. Arena est une interface gratuite de ce type. Mais il existe aussi des logiciels commerciaux plus complets tel que Fritz de Chessbase qui fournit d'autres fonctionnalités d'apprentissage ou de conseils.

L'intérêt de ces logiciels est triple :
  • jouer pour le plaisir contre un fort adversaire toujours disponible,
  • s'entraîner en jouant sur un thème ou à des cadences bien choisies,
  • analyser ses parties pour déceler les ressources tactiques oubliées.
Pour ma part j'ai commencé à jouer aux échecs contre des logiciels. Il est vrai qu'on se lasse vite d'enchaîner les parties contre un ordinateur. Maintenant le véritable intérêt des moteurs pour moi est plus l'analyse et l'entraînement.

Dans cet optique il est important de conserver ses parties pour pouvoir les analyser. On peut aussi avoir besoin de retrouver un ensemble de parties pour la même ouverture, classer ses parties selon leur ouverture, leur finale ou bien d'autres thèmes. Les logiciels de base de données vous aident dans cette tâche : ChessBase, ChessAssistant pour les produits commerciaux ou bien Scid pour les logiciels gratuits.

De plus un standard s'est imposé pour permettre l'échange de parties au format électronique : PGN (Portable Game Notation). Tous les logiciels permettent de lire une partie dans ce format. C'est le format principal d'échange de parties sur Internet.

J'ai beaucoup utilisé ces logiciels et je conserve toutes mes parties pour pouvoir les analyser et les classer.


Lorsqu'on commence à progresser aux échecs on se trouve très vite en manque d'adversaire. Internet permet de pouvoir jouer contre des adversaires humains sans forcément aller dans un club. On y trouve différentes formes de jeu : en direct ou en différé.

Je pense que le jeu en direct est intéressant pour s'amuser. Cette forme de jeu est surtout utilisée pour jouer en blitz. Quant au jeu en différé il est peut être mieux adapté pour jouer des parties plus consistantes avec pour objectif de progresser. J'ai publié il y a quelques jours un article à ce sujet.

Vos commentaires, questions et témoignages sur ce sujet sont tous les bienvenus

vendredi 12 novembre 2004

Phase 3 : Prévoir

Pour commencer le joueur a assimilé les règles du jeu et la marche des pièces. Par la suite il a pu se mettre à calculer avec un objectif précis : attaquer le roi adverse. Maintenant il est confronté à de bonnes défenses et les limites du « mat à tout prix » se font sentir.

Il va falloir trouver d'autres plans ! Pour cela la tactique doit être complétée par des notions de stratégie : la paire de fous, bon et mauvais fou, les colonnes ouvertes, le pion passé, arriéré, isolé, le centre…


Afin de tout prévoir :
  • il est nécessaire de construire un répertoire d'ouvertures plus conséquent et adapté à son style de jeu,
  • il faut maîtriser tout les types de finales.
La phase 3 de la progression du joueur demandera un important travail personnel. J'essayerais de vous faire de ma petite expérience dans ces domaines. Pour ma part je n'ai réalisé qu'une infime partie du travail nécessaire.

Celui qui arrivera au stade que je décris ne sera alors qu'un bon joueur de club. Je n'ai pas la prétention de connaître tout ce qui permet de faire les très grands joueurs. Je souhaite seulement témoigner de mon apprentissage des échecs avec le recul de ces années passées.

jeudi 11 novembre 2004

Phase 2 : Calculer

La phase 2 de la progression d'un joueur d'échecs commence donc lorsqu'il est parvenu à assimiler les règles du jeu. Il a intégré les mouvements des pièces ainsi que le but du jeu. Il entrevoit d'autres horizons.

L'objectif devient bien déterminé : il faut mater ce roi adverse au plus vite. L'adversaire n'offre plus ses pièces comme avant et il faut calculer plus profondément, construire ses premières combinaisons. Pour cela il faut entrevoir les premières notions de tactique : clouage, attaque double, la déviation, les mats simples…

De plus une question taraude toujours le joueur devant la position initiale : quel coup jouer en premier ? Il faut donc répondre à cette question et entrevoir les premières notions d'ouverture. En tout celles qui lui permettront de répondre à son objectif : attaquer le roi adverse.


Le dernier point pour ce joueur avide de calculs est de percevoir les particularités de chaque pièce et de peser leur importance. Pourquoi un pion de plus peut faire gagner une partie ? C'est l'étude des finales les plus simples qui lui apporteront des éléments de réponses.

Dans les articles au sujet de la phase 2 (Calculer) je témoignerai de mon propre apprentissage de ces éléments.

mardi 9 novembre 2004

Le jeu en différé sur Internet

Depuis quelques années le jeu en différé sur Internet est la forme de jeu que je pratique presque exclusivement. Je veux donc vous livrer ici mon témoignage sur son intérêt et toutes les dérives que j'ai constaté autour d'elle.

LA PETITE HISTOIRE

J'ai découvert cette forme de jeu grâce au site echecs.com. Sur ce site il est possible de défier d'autres joueurs pour jouer des parties en différé de manière complètement libre : aucune cadence n'est imposée (mais la partie est stoppée si aucun coup n'est joué au bout de 3 semaines environ), aucune formule de tournoi n'est disponible et les joueurs ne sont pas classés. Ajoutons que l'inscription est gratuite.

Tout cela me convenait bien car ne disposant pas d'une connexion haut débit à domicile il n'était pas très pratique de jouer en direct. Et puis cette forme de jeu se prête bien aux parties rapides et ce n'est pas ce que je cherchais.

Je commençais donc à jouer plusieurs parties en même temps dans le seul objectif de progresser et plus particulièrement d'essayer de construire un répertoire d'ouvertures. Au fur et à mesure je me rendais compte que certains joueurs laissaient tomber leurs parties, que certains étaient très lents. Mais cela ne m'a jamais gêné, chacun est libre de jouer comme bon lui semble et surtout en fonction de ces disponibilités. Parallèlement je lisais les forums sur le site france-echecs.com et découvrais qu'un bon nombre de membres se plaignaient de la lenteur de jeu mais aussi du fait que certains s'aidaient de logiciels pour jouer. Là encore je ne comprenais pas de telles plaintes.

Pour ma part j'étais indifférent à la lenteur de jeu puisque je jouais de nombreuses parties simultanément. De plus je ne considérais pas l'assistance par ordinateur comme une triche car il n'y avait aucune compétition. Je trouvais juste cela dommage pour les joueurs l'utilisant car elle ne leur apporte rien. Je n'ai donc jamais été trop en phase avec les membres se plaignant de ces pratiques. Mais certains de ceux-là se sont regroupés et ont créé la COJELI, COnfrérie des Jouteurs d'Echecs Libres de l'Informatique. Aujourd'hui pour en faire partie il faut être coopter.

Plus tard le site echecs.com proposa de payer une inscription pour accéder à un club proposant pleins de services supplémentaires : tournois avec cadence de jeu, classement, un contenu didactique pour progresser...

Je suis devenu membre de ce club dont j'ai été très satisfait de la prestation. J'ai même vécu sur son forum de grands moments. Des membres insatisfaits se plaignaient constamment, certains allant même jusqu'aux attaques directes contre le propriétaire du club ou son administrateur. Les autres se révoltaient contre la tricherie ou contre l'incorrection des adversaires qui continuaient de jouer avec une pièce en moins, qui laissaient traîner les parties perdues ou qui jouaient une partie "égale" et refusaient les propositions de nulle.

Autant vous dire que ces membres n'ont pas renouvelé leur inscription payante. D'autant que, selon leurs dires, il existait un site mieux et gratuit.

Dans le courant du mois de septembre dernier je n'ai pas renouvelé mon abonnement car je ne trouvais plus assez de temps à consacrer aux parties en différé et que je les jouaient sans grande conviction. Mais dans le foulée je suis tombé sur ce fameux site gratuit et "bien mieux" : EchecsNet. Pour m'inscrire il m'a fallu montrer "patte blanche" : un mail à l'administrateur avec mon profil de joueur. En ce qui concerne le jeu en différé je n'ai trouvé qu'une différence avec le club d' echecs.com : une limite de temps entre 2 coups de 15 jours et un suivi des tournois plus poussé. Sinon ce site n'offre aucun contenu didactique et les temps de réponse ont été assez médiocres sur la période pendant laquelle je l'ai utilisé. Et oui aujourd'hui je n'utilise plus. Je fais parti des maudits, des exclus.

Pourquoi ? Tout a commencé avec une partie pour laquelle j'ai dépassé les 15 jours autorisés entre 2 coups. Une règle dont je n'avais pas pris connaissance et que les circonstances m'ont fait enfreindre. Il faut préciser que je jouais d'autres parties sans aucun problème. J'ai été alerté lorsque l'administrateur m'a fait parvenir un email. J'ai alors pu découvrir que mon adversaire demandait de mes nouvelles dans le forum. Une discussion s'y est donc déroulée et les choses semblaient être rentrées dans l'ordre jusqu'à un post sur la gratuité des sites Internet. J'y précisait que la gratuité n'était pas forcément la panacée sur Internet et qu'un site payant devait offrir un niveau de service plus important qu'un gratuit. Ensuite j'indiquais qu'une lenteur comme celle du site EchecsNet serait fatale à site payant. Depuis j'ai été rayé de la liste des membres.

MON ANALYSE

Voilà pour la petite histoire de ces quelques années de jeu en différé sur Internet. Je donnerai mon avis plus loin. Mais je reviens pour le moment à l'essentiel, qu'est ce que m'a apporté cette forme de jeu ?

Pour répondre à cette question il faut d'abord comprendre qu'avant le jeu en différé je n'avais comme seul adversaire un logiciel. A la longue cela devient très répétitif. Si vous ne disposez pas d'un logiciel assez puissant et flexible, vous vous retrouverez rapidement à jouer les mêmes ouvertures. Et surtout il y a un moment où vous avez besoin de vous comparer aux autres joueurs. Le jeu en différé permet donc de se confronter à d'autres joueurs humains, d'avoir le temps de gérer ses parties et d'étudier. Pour ma part, j'ai commencé à jouer beaucoup de parties en essayant de respecter un répertoire d'ouverture. Toutes mes parties jouées en différé m'ont permis de constituer une base de données de parties qui est un matériel très précieux aujourd'hui.

Cependant il y a un travers dans lequel je suis tombé par moment : l'accumulation de parties. Il m'est arrivé d'avoir trop de parties à jouer et donc de les négliger. Or je crois que l'intérêt du jeu en différé est bien de pouvoir prendre son temps et d'exploiter toutes ses connaissances pour jouer des parties qui serviront de base d'analyse. Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes ici dans le cas d'un joueur qui ne pratique pas les échecs dans le cadre d'un vrai club. Cela peut effectivement être aussi réalisé dans le cadre de compétitions en cadence lente.

Il s'agit donc pour moi d'une approche d'apprentissage et progression. Mais les Echecs restent un jeu et on recherche donc toujours la dimension ludique et la compétition. C'est à cela que les sites ont voulu répondre : organisation des parties en tournoi, classement des joueurs. Mais par sa nature le jeu en différé ne se prête pas bien à la compétition. Les joueurs ne sont pas sous "contrôle" et lorsque l'enjeu existe on ne peut aller contre la nature humaine. Il y aura toujours des tricheurs. Pour supprimer toutes les raisons de gagner à tout prix cette forme de jeu ne donc doit être vu que comme une manière de progresser.

Au contraire, au cours de ma petite expérience, j'ai vu des conflits de personnes (les mêmes qu'au sommet de la fédération française ?) et j'ai vu naître sous mes yeux des petites communautés de joueurs (COJELI, EchecsNet). J'ai du mal à les justifier. Sûrement que tout cela repose sur un certain esprit "chevaleresque" bien dépassé. Comment peut-on refuser qu'un joueur continue une partie égale ou joue une partie "jugée" perdante ? Quelque soit la forme, le jeu réclame des erreurs et aucune personne ne peut avoir la prétention qu'elle n'en fera pas. N'y a t-il pas du plaisir à démontrer à son adversaire qu'il a eu tort de continuer ? Les échecs s'est l'affrontement de deux hommes qui ont leurs faiblesses, ce n'est pas que de la théorie !

Le jeu en différé ne doit pas faire exception, même cette forme de jeu a son lots d'effets psychologiques. Il permet de progresser dans tous les domaines du jeu.

mercredi 3 novembre 2004

KARPOV, Anatoly (né en 1951)



Champion du monde de 1975 à 1985 : Titre obtenu par forfait de Robert FISCHER et perdu contre Garry KASPAROV.

mardi 2 novembre 2004

Phase 1 : Assimiler

Voyons quelles sont les phases dans la progression d'un joueur d'échecs :
  1. Assimiler - traite des règles du jeu, du mouvement des pièces, de l'échiquier ou de diverses définitions.
  2. Calculer - traite des premiers contacts avec la tactique.
  3. Prévoir - développe la mise en place des aspects stratégiques du jeu.
Il s'agit ici de décrire plus précisément la Phase 1. Elle concerne bien évidemment une personne ne connaissant rien à ce jeu et désireuse de commencer à jouer. Comme dans tous les jeux il va d'abord falloir répondre à 2 questions :
  1. Quel est le but du jeu ? Le Mat.
  2. Quels sont les règles ? Les pièces, leurs déplacements, leurs prises...

Je n'ai pas pour objectif de répondre complètement à ces questions aujourd'hui. Je voudrais juste essayé de comprendre ce qui passe dans la tête d'un joueur lors de ses toutes premières parties. Dans quelle direction s'oriente sa réflexion ? Quels sont les éléments qu'il assimile lors de ces premiers coups, qui lui permettront de passer à un stade supérieur ?

D'après mon expérience assez récente, le joueur lorsqu'il débute se demande tout le temps quels sont les coups possibles ? Il imagine péniblement où ses pièces peuvent bien aller, quelles autres pièces adverses elles peuvent "manger" ? Il veut éviter à tout pris de perdre une pièce bêtement. Il ne reste donc plus beaucoup de place pour autre chose dans sa réflexion.

Il me semble que toutes les parties jouées à ce stade n'ont donc pour objectif que "d'oublier les règles" ou plutôt les faire siennes. Il restera alors plus de place pour autre chose, et il pourra, s'il le souhaite, entrevoir la phase 2...

L'objectif des articles consacrés à la phase 1 est de donner quelques clés pour assimiler au plus vite ces règles du jeu d'échecs sur lesquelles beaucoups s'arrêtent. J'attends vos témoignages sur cette phase du jeu et vos réactions sur cet article.

lundi 1 novembre 2004

KASPAROV, Garry (né en 1963)



Champion du monde en 1985 : Titre acquis contre Anatoly KARPOV, ensuite l'histoire des championnats du monde est un peu trouble !?

CAPABLANCA, Jose Raul (1888-1942)

.

Champion du monde de 1921 à 1927 : Titre acquis contre Emmanuel LASKER et perdu contre Alexandre ALEKHINE.

Accueil La zone de jeu Le forum Le blog